1 mois et 4 jours

Alors, déjà un mois. Qu’est-ce qu’ils disaient dans le petit livre que donnait l’Université de Montréal à notre départ? C’est l’étape du retour sur terre. Dans mon cas, c’est le retour aux études qui m’a assez vite fait replonger tête première dans les profondeurs d’une marée de devoirs et travaux sans fond. Je croyais que partir comme ça toute seule aurait été éprouvant, car je n’ai jamais quitté le confort familial auparavant. Faire l’épicerie, le lavage, le ménage... j’avais peur! En fait, toutes ces choses qui appartiennent maintenant à mon quotidien et qui composent mon planning de la semaine se sont bien intégrées à ma vie... Cependant, je n’aurais jamais cru que la nostalgie aurait été causée par la distance. Cet océan qui m’éloigne, ces heures qui me décalent dans le futur, cette vie qui continue des plus belles là où je ne suis plus... C’est encore un mystère comprendre pourquoi ces émotions surgissent de nul part, quand on est supposé être dans la meilleure ville de fête et de vie culturelle, vie que je ne peux pas trop suivre d’ailleurs!

Barcelone est toujours aussi belle, aussi vivante. C’est assez incroyable d’avoir la chance de l’étudier (cours d’urbanisme l’oblige) et de voir à quel point cette petite parcelle de terre où j’habite (quartier Gothique) a plus d’histoire à elle seule que le Québec au complet. Longer les ruines romaines pour aller à l’épicerie, traverser les étroites rues qui furent animées par plusieurs sociétés et cultures depuis la civilisation romaine, chacune apportant sa touche esthétique, créant une ville complexe, déroutante, impressionnante... c’est ma vie au quotidien.

Je vie, comme dirait mon prof de philo, dans une ville dialogique, un « cronotope » parfait, où les voix du passées racontent au présent l’avenir de demain. Etre en milieu de ce discours continuel est déroutant. Les ruines romaines qui affrontent orgueilleusement la grande Via Laietana, vide urbain créé d’après le plan d’urbanisation « parfait » de Cerdà; la cathédrale qui offre son parterre publique, anciennement lieu culte de réunion et de commerce, aux spectacles de la Merçe qui fêtait son 50 ans.... que c’est incroyable imaginer toutes les époques en même temps sur la même place! Que penseraient-ils les ancêtres en voyant Barcelone actuelle? Les pâquis qui se promènent en chuchotant « cerveza, beer, hashish.. », les saoulons qui dorment n’importent où dans la rue, les revendeurs de sacoches volées... ça fait partie de la réalité barcelonaise d’aujourd’hui... ça fait partie de cette beauté un peu dégoutante, charmante, attirante qu’elle crée avec une ville aussi magnifique et autant de problèmes avoués.

Barcelone? J’adore. Etre Erasmus? J’adore aussi, mais il va falloir que je réussisse à comprendre d’abord mes objectifs du pourquoi je suis venue à Barcelone (études ou fête ou voyages?) et après je ferais le point...

1 commentaires:

Unknown | 15 octobre 2009 à 17:49

Wow !!!
Giselle, je suis tellement jaloux de la manière dont tu écris, c juste malade ... tu es super bonne, et c'est super profond ce que tu dis.

Bonne chance ! Continue ce que tu fais, je suis avec toi

TÉ MA MEILLEURE AMIE À MOI TOUT SEUL :P

J'TM